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120 équipements sportifs en Clunisois… et quelques autres

Combien y-a-t-il d’équipements sportifs en Clunisois ? Pour quels types de pratiques sportives ? Où sont-ils situés et qui les gère ? Combien peuvent-ils accueillir de spectateurs ? À moins de 700 jours des Jeux Olympiques de Paris 2024, vous saurez tout sur les équipements sportifs du Clunisois… même ce que nous n’imaginiez pas !

Vous l’avez sûrement déjà remarqué, ici, on aime le sport et l’open data ! Ce principe démocratique d’ouverture des données publiques permet de savoir quantité de choses (sur les 31 clubs sportifs du Clunisois, par exemple) et leur liberté d’usage rend possible de nombreux projets (comme créer un annuaire des associations toujours à jour 😉).

Cette fois-ci, c’est au Recensement des équipements sportifs, espaces et sites de pratiques (RES) du ministère des sports que l’on s’est intéressé. Cette base de données de référence des installations et équipements sportifs diffusée en open data est alimentée par les déclarations obligatoires de tous les propriétaires de lieux ouverts au publics… quand ils pensent à les faire.

Passé cette limite d’une mise à jour parfois aléatoire, le RES permet de connaître de nombreux éléments techniques (aire d’évolution, nombre de vestiaires, nombre de places assises, année de mise en service…) ou d’usage (types d’activités sportives, niveau de compétition, aménagements de confort…) des 332 699 équipements sportifs en France recensés début 2020.

Un panorama des équipements sportifs en Clunisois

Le Clunisois compte donc 120 équipements sportifs (terrains, salles, bassins de natation…) en grande majorité situés à Cluny (62 équipements). Suivent ensuite Mazille et Salornay-sur-Guye (8 équipements) et Joncy (5 équipements).

Ces équipements sont à 84 % en plein air (sites découverts, extérieurs couverts et sites naturels aménagés ou non).
Les 19 équipements sportifs intérieurs sont situés à Cluny (12 lieux) et dans les communes d’Ameugny, Bonnay, La Guiche, Joncy, Salornay-sur-Guye, Sivignon et La Vineuse-sur-Frégande (un lieu chacune).

Les sports collectifs (basket, football, rugby et tennis) dominent le classement d’une courte tête avec 28 équipements (dont 12 courts de tennis et 12 terrains de foot), juste devant les pratiques équestres avec 26 équipements (dont 15 carrières). Les plateaux multisports et city-stades de plein air complètent le podium avec 17 espaces.

Fort logiquement, la présence d’Équivallée, du Haras et de l’hippodrome font que Cluny est la commune la plus richement dotée en équipements équestres (18 sur 26). Hors de Cluny, les installations hippiques sont les seules détenues à 100 % par des propriétaires privés (à but lucratif ou non), que ce soit à Ameugny, Chiddes, Jalogny ou Mazille.

En général, les installations sportives ouvertes au public sont en effet très largement propriétés d’institutions publiques (dans 88 % des cas) et plus particulièrement des communes (60 % des équipements du Clunisois). Cinq équipements appartiennent également à la Communauté de communes : la piscine de La Guiche, les terrains de boules, pétanque et tir à l’arc des Griottons à Cluny, et le terrain multisports de Joncy.

Le Département, lui, est propriétaire des installations d’Équivallée et du centre équestre départemental de Cluny, ainsi que du gymnase du collège ; tandis que la Région est fort logiquement propriétaire de celui du lycée. À noter que les gestionnaires peuvent être différents des propriétaires (comme la piste d’aéromodélisme de Donzy-le-Pertuis par exemple : propriété de la commune mais gérée par une association).

22 équipements classés ERP

Afin de se conformer à la réglementation, notamment pour la sécurité incendie, certaines installations sportives (tout comme les boutiques, les écoles, les gares, les hôtels, les musées…) doivent bénéficier d’un classement dit ERP (pour Établissement Recevant du Public) délivré par la préfecture.
Sur les 120 équipements du Clunisois, seuls 22 bénéficient de ce classement, dont 14 équipements intérieurs (les salles polyvalentes, les complexes sportifs, le tennis couvert de Cluny ou la piscine couverte de La Guiche, par exemple) et 8 en extérieur (les stades Jean-Renaud et Jean-Bordet, ainsi que la piscine municipale de Cluny).

Bien évidemment, le non classement en ERP ne signifie pas une moindre sécurité, mais simplement que d’autres règles s’y appliquent… parfois sur la même installation selon son usage ! Par exemple, le stade Jean-Renaud de Cluny est classé en ERP, pouvant accueillir un maximum de 700 personnes… alors que l’hippodrome de Cluny (situé au même endroit) n’a pas de classement ERP et donc, en théorie, aucune limite de jauge.

Du sport et du confort

Au-delà des seuls espaces de pratiques, les équipements du Clunisois disposent de nombreux locaux annexes et équipements de confort : plus de la moitié (57 %) disposent de sanitaires (mais seulement 30 % de douches) et plus d’un tiers (35 %) d’un local de rangement. On compte également 33 équipements sportifs ayant accès à une buvette dans leurs locaux et 20 disposant d’un lieu d’accueil pour les clubs.
Précisons que plusieurs équipements sportifs peuvent partager les mêmes locaux annexes, ce qui fait mécaniquement monter leur nombre (par exemple, il n’y a qu’une seule buvette au COSEC de la Grangelot pour les trois salles d’activités).

Avant les douches, l’éclairage est l’aménagement de confort le plus fréquent dans les installations sportives, présent dans tous les locaux intérieurs (logique), mais également sur plusieurs terrains de sports collectifs et de pratiques équestres.

En intérieur, 16 installations sur 19 bénéficient d’un système de chauffage : à Cluny, tous les gymnases sont chauffés au gaz ; les salles polyvalentes sont chauffées à l’électricité à Ameugny, Bonnay et Salornay-sur-Guye, au fuel pour la salle de Donzy-le-National à La Vineuse-sur-Frégande, et au gaz+fuel pour celle de Sivignon. Enfin, les piscines de Cluny et La Guiche sont chauffées à l’énergie solaire (+ électricité pour celle de La Guiche).

Quelques dates…

Dernier enseignement du RES, les périodes de mise en service et de derniers travaux des équipements sportifs. Le stade Jean-Renaud (inauguré en 1944), l’hippodrome de Cluny (qui pré-existait à la création du stade) et l’aménagement de la grotte de Blanot (a priori dès 1914) sont les trois installations les plus anciennement recensées comme équipements sportifs.

A contrario, les équipements les plus récents sont les terrains de pétanque extérieurs des Griottons à Cluny (2015), les équipements des centres équestres privés de Jalogny et Ameugny (2014), le city-stade de Bonnay et le site d’escalade du Bois-Dernier à Ameugny (2012).


Une brève histoire des équipements sportifs en Clunisois

En Clunisois comme en Saône-et-Loire, 40 % des équipements datent d’avant 1984. Les années 1960-1970 ont, en effet, été celles de l’explosion des investissements en faveur des équipements sportifs en France : trois programmes gouvernementaux vont se succéder sous l’impulsion de secrétaires d’État aux sports emblématiques comme Maurice Herzog ou Joseph Comiti (à l’initiative du plan des « 1000 piscines » lancé à la suite des mauvais résultats des nageurs français aux JO de Mexico en 1968).

C’est à cette époque que vont naître la piscine municipale de Cluny (qui a gardé son architecture caractéristique), mais aussi le complexe de La Clochette à Salornay-sur-Guye et le COSEC de Cluny, dont la construction est bien moins anodine qu’elle n’y paraît.
L’aménagement des « complexes omnisports évolutifs couverts » a, en effet, été totalement pilotée par l’État, qui a industrialisé leur construction et centralisé leur mise en œuvre dans les moindres détails : une architecture monobloc sur un terrain situé à maximum 500 mètres des groupes scolaires (pour assurer le « plein emploi » des installations par les écoles la journée et les clubs le soir) avec au centre un gymnase multisports de type « C » de 20×40 mètres, soit exactement ce que l’on retrouve à Cluny.

Ces installations sont emblématiques de la « mise en administration du sport » par l’État dans les années 1960-1970, qui s’est traduite par la construction de 6830 équipements en France, dont certains ont même été classés à l’inventaire général du patrimoine.

Dans les archives

En allant chercher un peu au-delà du RES, les archives nous permettent d’identifier des installations sportives encore plus anciennes (et disparues).
À Cluny, on retrouve ainsi la trace de plusieurs terrains de sports collectifs où les équipes de football et de rugby se réunissaient dans les années 1920 : à Bel-Air (à l’emplacement de l’actuel stade de La Grangelot) et juste en contrebas au « terrain de la Filature » (ou « terrain de la Gravière »). Ce dernier, situé vers l’actuelle avenue Charles-de-Gaulle, tient son nom de sa proximité avec la filature de laine Bretin-Millot, et accueillait l’ASC (Association Sportive Clunysoise, ancêtre de l’US Cluny).

En 1928 est construit le premier « stade » de Cluny au Prado. Qualifié de « nouveau stade » dans la presse, sûrement mieux aménagé (et bénéficiant d’une belle situation au pied des remparts de l’abbaye), il accueillera des matches de football prestigieux pour l’époque, notamment la réception de l’Éveil Sportif Lyonnais le 17 novembre 1929 qui s’est soldé par une victoire des visiteurs par 5 buts à 2 (buts de Darfeuille et Laroche pour Cluny). On retrouve ainsi de nombreux détails sur les sociétés sportives de l’époque dans « Le Petit Clunysois », hebdomadaire qui parut de 1929 à 1934.

Et même avant la Révolution !

En cherchant encore plus loin, on retrouve sous la plume de Th. Chavot en 1884 (ancien avocat et procureur de la République habitant Château) la description d’un jeu de l’arquebuse, d’un jeu de mail et d’un jeu de paume qui étaient présents à Cluny dans les années 1660. Il fait référence à une gravure de Louis Prevost, conservée aux archives municipales de Cluny, surtout connue pour montrer la ville et l’abbaye à son apogée au 17e siècle.

Mais en s’intéressant aux détails, on remarque déjà des installations que l’on pourrait qualifier de « sportives ». Le jeu de l’arquebuse, situé entre la Tour Ronde et le pont de la Levée, permettait de s’exercer au maniement de cette arme à feu rudimentaire, apparemment en tirant sur une cible au loin.
Toujours vers la Tour Ronde, mais en direction de la porte des prés, se trouvait un jeu de mail « couvert de tilleuls » : cet ancêtre du golf et du criquet était très populaire au 17e siècle, Louis XIV en étant un grand amateur.

Enfin, Cluny disposait de son jeu de paume, à proximité des palais abbatiaux, le long du mur d’enceinte vers la porte de la Chanaise. À l’origine du tennis et de la pelote basque, le jeu de paume a fait l’objet d’une véritable « folie française » du 13e siècle jusqu’à la Révolution : plusieurs centaines de salles existaient rien qu’à Paris. Un commentateur anglais du 16e siècle relate que « les Français naissent une raquette à la main » et que la France est « un pays semé de jeux de paume, plus nombreux que les églises et des joueurs plus nombreux que les buveurs de bière en Angleterre ». Cluny n’échappait donc pas à la règle.

À gauche, le jeu de l’arquebuse (on distingue le tireur et son arme à feu en bas à droite). À droite, le jeu de mail sous les tilleuls.

Et si justement la plus ancienne salle de sport encore (presque) debout aujourd’hui n’était pas… le jeu de paume du château de Lourdon ? Construit par l’abbé de Cluny Claude de Guise en 1586 (le château en lui-même existe probablement depuis l’an 1000) il est un monument exceptionnel à plus d’un titre, selon l’historien Hervé Mouillebouche, qui l’a longuement étudié : « témoin d’un phénomène de mode massif et massivement oublié, il est l’un des plus anciens jeux de paume couverts conservés en France, et peut-être l’un des plus grands et prestigieux jamais construit ».
Ses dimensions étaient gigantesques pour l’époque : 40 mètres de long, 13 de large, 16 de haut (là où une salle de jeu de paume avait plutôt des dimensions de 30 x 11 mètres pour 7 m sous plafond) et les immenses fenêtres entre les piliers faisaient largement entrer la lumière.

Le jeu de paume de Lourdon ne servit cependant que très peu de temps, car dès la destruction du château en 1632 (soit 46 ans après la construction de la salle) il sert déjà de grange pour les fermiers (ce qui le sauve de la démolition totale). Il n’en reste pas moins certainement le plus ancien vestige d’une installation sportive encore debout en Clunisois !


Sources et références historiques :

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