La controverse de la porte du moulin n’est pas encore éteinte : un article du journal Le Monde pointe en effet la « colère des élus » face au Centre des monuments nationaux, où Cluny n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Rappel des épisodes précédents : le dimanche 5 février, la municipalité de Cluny organisait une promenade citoyenne dite « de la porte du moulin » pour protester contre la fermeture de celle-ci, décision prise unilatéralement par le Centre des monuments nationaux (CMN), gestionnaire du site de l’abbaye. Cette décision est considérée préjudiciable à l’activité touristique et commerçante de la cité abbatiale, car elle prive le centre-ville d’un flux de plusieurs milliers de visiteurs annuels.
Suite à cette promenade, une lettre ouverte en forme de pétition à été envoyée au ministre de la culture, signée par de nombreux clunisois, habitants et commerçants.

En réponse à ses protestations, l’administrateur de l’abbaye, représantant local du CMN, a fait savoir que la fermeture de la porte du moulin « sortie mal commode qui débouche dans une petite ruelle » était prévue « dès la conception du projet global de restauration en 2005″. Une version que conteste le Maire de Cluny, qui indique que cette option n’a pas fait l’objet d’un dialogue entre les acteurs (voir le reportage de Cluny TV, la web TV de Cluny et du Clunisois).

En matière de manque de dialogue entre le Centre des monuments nationaux et les élus, Cluny ne semble pas être une exception. Dans un article publié dans son édition du dimanche 12 février (non disponible sur internet), le journal Le Monde souligne en effet « la colère des élus (…) d’Angers à Carnac, de Carcassonne à Cluny ».

Le quotidien du soir remarque (comme nous l’avions également souligné) le téléscopage des communiqués de presse émanant de Cluny : l’un émis par le CMN vantant sa bonne « coopération culturelle et commerciale » avec la Ville de Cluny ; et l’autre émanant de la municipalité invitant à manifester contre la fermeture de la porte du moulin par le CMN.
Cette « promenade citoyenne » ne serait qu’un des symboles du « problème d’autoritarisme » du CMN, que souligne le président du Conseil général de Saône-et-Loire, cité par Le Monde.

A Carnac, où le CMN est gestionnaire de l’alignement des mégalithes, le maire se désole de la « politique mercantile poussée à l’extrême au détriment de la valeur du lieu » et d’une démarche « beaucoup plus commerciale que scientifique ». Même situation tendue à Carcasonne où, malgré trois millions de visiteurs par an, « les décisions tombent sans concertation » et où le maire s’est publiquement interrogé sur « les conditions d’une saine relation » entre le CMN et les collectivités.

A Cluny, le maire fait le même constat de primauté de la démarche commerciale sur l’intérêt commun : « Cette fermeture (de la porte du moulin) est guidée par l’objectif de faire passer les visiteurs deux fois par la boutique récemment établie par le CMN… ». Il relaie également l’inquiétude des commerçants qui se verront privés de 100 000 visiteurs qui « ne passeront plus par la ville ».
De son côté l’administrateur de l’abbaye qui souligne la réalisation d’une « librairie-boutique de grande qualité architecturale » et invite le maire de Cluny à « mettre en place une signalétique qui, depuis la place, dirige les visiteurs vers le centre de la ville et leurs commerces ».

Le moins que l’on puisse dire, comme l’indique Le Monde, est que « sous couvert de relations polies, le dialogue fait défaut »

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